Le livret A perd du terrain

Depuis environ 10 ans, les Français se sont habitués au taux du livret A qui, rappelons-le, est fixé à 0,75% depuis 36 mois. Les citoyens de l’Hexagone avaient continué de placer leurs économies sur ce produit d’épargne, ô combien populaire, en attendant des jours meilleurs. Mais l’inflation soutenue aura eu raison de leur patience. Conséquence : ils sont de plus en plus nombreux à délaisser ce produit d’épargne.

L’inflation affaiblit le livret A

Tant que l’inflation restait réduite, les Français conservaient leurs économies sur leur livret A comme dans un bon vieux bas de laine. Mais avec un indice des prix en progression continue, dépassant même les 2% en un an, il n’échappe désormais à personne que le taux d’intérêt des livrets A ne compose que pour un tiers la hausse des prix. Ce constat inquiète les petits épargnants. Pour ne rien arranger, le taux de 0,75% est encore gelé pendant deux ans sur décision de l’exécutif.

Une nouvelle formule de calcul de rémunération pénalisante

Si le taux du livret A est bloqué jusqu’à fin janvier 2020, cela ne signifie pas pour autant que les Français vont retrouver ensuite le grand principe de leur placement chéri, à savoir un rendement au moins égal à l’inflation. En effet, à partir du 1er février 2020, une nouvelle formule de calcul sera utilisée pour rémunérer les épargnants : elle sera basée sur la moyenne semestrielle des taux interbancaires à court terme et le taux d’inflation, avec un taux plancher de 0,5%. De quoi continuer à faire enrager de nombreux Français. Car ce taux se situe bien en deçà de l’augmentation des prix. Si au mois de juillet, les livrets A se maintenaient encore à 880 millions d’euros, rien ne permet de dire que certains épargnants ne vont pas retirer leur argent dans les mois suivants.