Les Français investissent dans la pierre jusqu’à s’endetter plus que de raison

Avec des taux de crédit très bas, des emprunts consentis sur de longues durées et des établissements bancaires plus souples en matière de conditions d’obtention de prêt, tous les éléments sont réunis pour inciter les Français à investir dans la pierre. Et ça marche. Top bien peut-être.

Les ménages français de plus en plus endettés

Aujourd’hui, les banques accordent des prêts immobiliers à des taux inférieurs à 2% et parfois même 1% et sur une durée pouvant aller jusqu’à trente, voire trente-cinq ans. Le profil qui a la cote ? Les foyers avec des revenus de plus de 45 000 euros par an et les primoaccédants. Mais ce n’est pas tout : dans certains cas, les acquéreurs n’ont même plus besoin de débourser un apport puisqu’ils peuvent même emprunter une somme supérieure au prix du bien, afin de financer également les frais de notaire ou des travaux éventuels. Résultat : les Français sont à l’heure actuelle presque deux fois endettés qu’au début du millénaire, l’endettement des ménages de l’Hexagone atteignant 58% du PIB.

Quelques chiffres concernant les emprunts immobiliers des Français

  • 40% des emprunteurs s’endettent sur 25 ans et plus (alors qu’ils n’étaient que 15% seulement quatre ans plus tôt)
  • les prêts sur 15 ans ont en revanche diminué de moitié, passant de 22 à 11%
  • le montant de l’emprunt moyen des Français est de 143 000 € en 2017

Ceux qui ne peut pas devenir propriétaire

Avec la hausse des prix de l’immobilier, et malgré les taux bas et les allongements des prêts, il reste tout de même une frange de la population qui ne peut devenir propriétaire : ce sont notamment les ménages les plus jeunes et les plus modestes, qui ne disposent pas d’apport.

Malgré cela, la France conserve sa place de champion d’Europe du crédit immobilier ; l’Hexagone détient en effet le record de progression d’emprunts pour se loger, phénomène qui ne semble pas près de fléchir.